Le résultat doit être donné sur un certain nombre de paramètres :

- le résultat sur l'amélioration de la fonction et en particulier l'amélioration de la douleur par rapport à l'état douloureux préopératoire :
- le résultat fonctionnel sur l'activité générale du patient ;
- le résultat en terme de risques de complications postopératoires ;
- la durée de vie potentielle de la prothèse ;

 

La douleur :

L'apport le plus spectaculaire de la prothèse de genou est la disparition de la douleur pré-opératoire.
Tous les résultats concordent dans ce sens et cette amélioration est pratiquement aussi satisfaisante qu'avec les prothèses de hanche.
Lorsque la douleur est évaluée de façon quantitative sur 10 points, l'amélioration permise par la prothèse de genou est de l'ordre de 100 %, c'est à dire qu'un score de 4 sur 10 avant l'intervention peut être amené à 8 sur 10 après l'intervention, c'est à dire que le genou opéré n'aura aucune douleur sauf aux changements de temps ou lors des efforts prolongés de montée et descente.
90 % des patients conservent cette qualité d'amélioration du résultat sur 10 ans, 10 ans étant la moyenne de recul de la plus part des études cliniques.
Sur une étude portant sur 1938 patients à la 5ème année après une prothèse de genou (ref ; New England J. of Medecine ) :
- 75 % des patients ont 0 douleur ou perception de leur genou aux changements de temps ;
- 20 % ont une douleur légère ;
- 4,7 % ont une douleur modérée ;
- 1,3 % ont une douleur notable.

Ces résultats sur la douleur sont stables dans le temps.

 

La mobilité :

La plupart des études montrent que la mobilité n'est pas modifiée par la prothèse de genou. Le gain en amplitude de mobilité n'est que de 10 à 20°.
Cependant dans notre expérience personnelle, la mobilité obtenue en flexion est en moyenne supérieure de 20° aux mobilités publiées dans la littérature, soit une moyenne de 132° avec des résultats fréquents à 140° de flexion.

 

La fonction :

La qualité de la fonction locomotrice est proportionnelle à l'amélioration de la douleur. C'est à dire que si la fonction pré-opératoire est notée à 20 sur 100 elle atteint 85 à 90 sur 100 après la prothèse de genou, au moment ou le genou opéré atteint son niveau de stabilité, c'est à dire vers le 9ème mois post-opératoire.

 

Les résultats à long terme.

C'est le taux de survie de la prothèse.
Les résultats à long terme sont analysés par la présentation des courbes de survie, c'est à dire du nombre de prothèses encore en place pour une série de patients donnés, pour un chirurgien donné, pour un type de prothèse donné.
L'interprétation technique de ces résultats est complexe et fait appel à des connaissances statistiques poussées.
Il faut tenir compte du nombre de malades effectivement revus, du nombre de malades perdus de vue.
Il faut aussi savoir que les résultats à long terme portent sur des prothèses par définition plus anciennes, donc technologiquement moins performantes
La plupart des séries actuelles indiquent que la probabilité de survie d'une prothèse, sans qu'il y ai eu de réintervention est de l'ordre 92% à 97,5% à 12 ans de recul. Ceci ne veut pas dire que la prothèse ne durera que 12 ans, mais signifie qu'il n'y a pas eu d'étude faite avec un plus long recul. La raison est qu'il est extrêmement difficile de revoir un nombre suffisant de patients après ce délai.
Nous pensons que les prothèses les plus modernes - dans leur conception, dans la protection anti-usure, dans la fabrication du polyéthylène - et dont la technique de pose a été bien réalisée - ont une probabilité sérieuse de durer entre 16 et 20 ans lorsqu'elles ont été implantées à un patient de 60 /65 ans ayant une activité normale pour cette tranche d'âge.