Comme toutes les articulations, le genou comporte une surface revétue de cartilage ainsi que 2 ménisques destinés à amortir les chocs et à permettre un mouvement fluide et glissant. Ce cartilage peut s'user : c'est l'arthrose.
L'usure du cartilage peut être accélérée par différentes pathologies : les déformations du squelette des membres inférieurs - génu-varum ou génu-valgum, les maladies inflammatoires comme la polyarthrite, les maladies de l'os sous articulaire (nécrose), les fractures, les lésions des ménisques et des ligaments croisés.
Le plus souvent l'arthrose est un processus de vieillissement spontané du cartilage.
Au niveau du genou l'usure est fréquente car c'est une articulation très mobile avec des mouvements complexes, qui soutient tout le poids du corps, qui comporte des petites surfaces de contact et subit donc des pressions très élevées.

L'arthrose n'est pas toujours très douloureuse. Elle peut être bien tolérée et ne pas nécessiter pas de traitement chirurgical. Elle peut parfois être extrêmement douloureuse et entraîner une invalidité.
Lorsque cette invalidité est importante, douloureuse, limitant les activités normales de la vie, non soulagée par des traitements médicaux, la chirurgie offre une possibilité thérapeutique intéressante : c'est le plus souvent l'implantation d'une prothèse.
Le nombre de prothèses de genou implantées est actuellement en croissance dans le monde. Il se met actuellement 300 000 prothèses de genou par an aux Etats-Unis et autant en Europe de l'Ouest. En France il se met environ 50 000 prothèses de genou par an.

Les prothèses sont des éléments métalliques séparés par un élément en plastique qui remplacent la partie usée de l'articulation afin de permettre un mouvement aussi proche que possible de la normale.

L'évaluation du moment auquel il faut implanter une prothèse dépend de l'âge, de l'importance des douleurs et du handicap. L'intervention chirurgicale se déroule sous anesthésie loco-régionale ou générale. Elle est suivie d'un traitement anti -douleur qui est actuellement au premier plan des préoccupations des équipes médicales et permet souvent une atténuation quasi complète de la douleur par différents procédés (anesthésies tronculaires, morphine, antalgiques).
Lorsque l'évolution est stabilisée, aux alentours du 8ème mois après l'intervention, la marche est normale, sans boiterie, et la disparition des douleurs est entre 80 et 100 % par rapport à l'état douloureux pré-opératoire.
A l'heure actuelle le résultat des prothèses de genou se maintient dans le temps et donne une forte proportion de bons et excellents résultats pendant une période comprise entre 12 et 20 ans.

Ceci explique l'enthousiasme actuel du monde chirurgical pour ce traitement d'une maladie qui il y a 20 ans encore entraînait un handicap total avec perte de la marche.